Semaine de l’allaitement maternel du 1er au 7 août 2009
La Semaine mondiale de l’Allaitement maternel a lieu du 1er au 7 août 2009. Elle est organisée par la World Alliance for Breastfeeding Action (WABA). Elle permet de rappeler le rôle et les bienfaits de l’allaitement pour la santé de l’enfant.
L’allaitement protège-t-il de l’asthme ? Une première preuve immunologique
L’asthme est une maladie respiratoire chronique dont la prévalence est en augmentation constante ces dernières décennies et qui touche majoritairement les enfants. Cette maladie est la conséquence d’une réponse immunitaire inappropriée contre des substances présentes dans l’air appelées allergènes. A leur contact, les individus sensibles à ces particules présentent des difficultés respiratoires. L’augmentation rapide de la prévalence de l’asthme est vraisemblablement liée à des changements dans notre environnement : augmentation de la pollution, exposition au tabac ou à des agents infectieux, évolution de notre alimentation. De plus, plusieurs travaux ont montré que l’exposition à des facteurs environnementaux chez l’enfant était déterminante dans le développement de la maladie.
Si de nombreuses études épidémiologiques suggéraient un rôle protecteur de l’allaitement sur le développement des maladies allergiques, les mécanismes qui sous-tendent cette protection, n’étaient à ce jour pas encore élucidés. C’est à cette question que se sont intéressés les chercheurs de l’Inserm.
L’hypothèse de travail des scientifiques était la suivante : lorsqu’une mère qui allaite respire de potentiels allergènes, ces allergènes inhalés pourraient, à l’instar des aliments, passer dans le lait et être transmis au nouveau-né. Cette voie de transmission d’un allergène pourrait être particulièrement efficace pour rendre l’enfant tolérant à cet allergène étant donné la présence connue dans le lait maternel de nombreux médiateurs du système immunitaire.
Une réponse allergique diminuée de plus de 60%
Pour tester cette hypothèse, les scientifiques ont exposé des souris allaitantes à des allergènes diffusés dans l’air via des aérosols. Seules les mères étaient exposées à l’allergène. Une fois les séances terminées, l’allaitement des souriceaux se déroulait normalement. «Nous avons retrouvé l’allergène inhalé dans le lait des mères, environ 3 à 4h après l’exposition. De plus, nous avons observé qu’une fois devenus adultes, les souriceaux allaités par des mères exposées à des allergènes étaient résistants à l’induction d’asthme »
explique Valérie Verhasselt, qui a mené cette étude au sein de l’Inserm. La réponse allergique diminue de 60 à 80% par rapport aux souris allaitées par des mères non exposées.
Ces travaux démontrent plusieurs choses. Tout d’abord, la protection induite chez le souriceau est bien spécifique de l’allergène administré à la mère. De plus, selon les conclusions des chercheurs, la protection transmise par la mère dépendrait de la présence conjointe dans le lait de l’allergène et d’une molécule immunosuppressive, le TGF beta1. Enfin, ils prouvent que les anticorps maternels présents dans le lait, connus pour protéger les enfants allaités des maladies infectieuses, ne sont pas impliqués dans cette protection.
Ces observations démontrent que l’environnement de la mère lorsqu’elle allaite peut influencer le risque que sa descendance développe ou non une maladie allergique. Pour Valérie Verhasselt « Cette étude pourrait permettre de définir de nouvelles stratégies de prévention en modifiant, par exemple, les pratiques d’allaitement et la qualité des laits artificiels.»
Attention : L’allaitement maternel est un mode fréquent de contamination des enfants d’autant plus qu’il est prolongé. Des alternatives existent mais il n’est pas toujours facile d’avoir le choix.
30 à 45% des enfants infectés par le VIH dans les pays du Sud sont contaminés via le lait maternel. Limiter la transmission du VIH pendant l’allaitement est donc une grande priorité de recherche.
Aujourd’hui, il est recommandé aux femmes séropositives d’éviter de nourrir leur enfant au sein. Le choix du mode d’alimentation de leur nourrisson constitue un véritable dilemme : par crainte d’être stigmatisées, une majorité d’entre elles recourt à l’allaitement maternel. Il existe aussi des risques de maladies infectieuses ou de malnutrition si l’alimentation au biberon n’est pas bien faite. Une étude conduite à Abidjan – où l’allaitement maternel prolongé est courant – auprès de femmes ayant accès à l’eau potable et sous antirétroviraux au moment de l’accouchement montre qu’il est possible de proposer aux femmes l’alimentation artificielle ou un sevrage précoce. Source lien allaitement-asthme : communique de l’Inserm
