
Parti Socialiste
Dimanche, à l’annonce des résultats, Mme Aubry a assumé sa responsabilité dans la défaite. Les mêmes mots utilisés par François Bayrou et par John McCain après sa défaite contre Barack Obama. « J’assume ma part des responsabilités dans la défaite » : un classique dans l’ordre du discours politique.
24 octobre 1993 – 19 juin 1994, Michel Rocard est le Premier Secrétaire du Parti Socialiste. 1993, les socialistes viennent de perdre les législatives et Michel Rocard va à l’assaut du Parti qu’il fallait déjà reformer. Novembre 2008, Martine Aubry fait la même chose que Michel Rocard, au lendemain de la défaite aux Présidentielles de la candidate du PS, Mme Royal.
Juin 1994, Michel Rocard, tête de liste des socialistes aux élections européennes fait 14 %. On avait mis cet échec sur le compte d’un missile envoyé depuis l’Elysée, c’est-à-dire par le feu Président de la République, François Mitterand qui détestait Michel Rocard. Le missile en question s’appelait Bernard Tapie et le Parti radical.
Juin 2009, 15 ans après ce score calamiteux, même configuration, un parti pris à la hussarde et les conséquences de cette prise : 14 % pour le PS de Mme Aubry. Et on reparle encore et encore de réformer le parti socialiste. Depuis 15 ans au moins, c’est la même rengaine de la réforme annoncée et jamais réalisée. Ce n’était donc pas la faute à Bernard Tapie à qui les socialistes ont fait payer le prix fort depuis. A tort : les socialistes ont trouvé en la personne de Bernard Tapie le parfait accusé ; celui qui vous évite de faire le véritable travail de fouille.
Pour cette campagne électorale, le nouveau bouc émissaire semblait être le Président de la République Nicolas Sarkozy sur qui on a inutilement tapé passant à côté du vrai sujet : l’Europe et la reconnection du parti avec l’électorat perdu, égaré, désemparé ; déçu et en déshérence. Certains sont même devenus inconsolables.
Dimanche, à l’annonce des résultats, Mme Aubry a assumé sa responsabilité dans la défaite. Les mêmes mots utilisés par François Bayrou et par John McCain après sa défaite contre Barack Obama. « J’assume ma part des responsabilités dans la défaite » : un classique dans l’ordre du discours politique.
Ramener les brebis égarées au bercail
Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? On va réformer. Comment ? Le Congrès de Reims a été un véritable moment tragi-comique qui a laissé des traces qu’il va falloir effacer. Comment va-t-on panser les plaies qui ont été ouvertes à ce moment ? Toujours pas de réponse, depuis l’élection « sujette à caution » du Premier Secrétaire du PS en Novembre 2008.
A cette époque, on avait compté et recompté. De quelques voix seulement d’écart entre les deux candidates, on avait finalement abouti au chiffre magique de 102 voix de différence, sur fond de suspicion de fraudes de part et d’autre. Qu’importe alors qu’on ait demandé de revoter pour un vote plus clair, plus transparent et légitime ; qu’importe qu’on ait proposé une direction bicéphale, une fin de non recevoir a été opposée par les ténors du Secrétariat Général et la fuite en avant a continué.
Au PS, tout bouge mais rien ne change. Au congrès de Reims, des alliances de circonstances ont été nouées autour d’un seul mot d’ordre : tout sauf Mme Royal. En politique, on peut se tromper sur les alliances ; en toute bonne foi. C’est même souvent le cas ; car toute alliance en politique est forcément stratégique et intéressée. Martine Aubry a donc pu se tromper dans ses alliances en toute bonne foi.
Benoît Hamon avait le choix entre Martine Aubry dont on voyait le piège du statu quo dans lequel elle tombait avec ses alliés de circonstance et Segolène Royal qui, malgré ses défauts – mais qui n’en a pas – largement compensés par ses qualités et l’avance qu’elle avait déjà prise dans la représentation du PS, proposait par ce qu’elle avait déjà démontré lors de la campagne présidentielle d’explorer d’autres voies. Il fallait tenter cette nouvelle exploration même si, comme pour toute plongée vers l’inconnu, on ne maîtrise pas les risques de dérapage.
Entre le statu quo mortel qu’on connaissait déjà du PS et une nouvelle démarche, il fallait opter pour le risque du changement. On connaît tous les adages qui accrédite cette thèse : qui ne risque rien n’a rien. Il faut tenter sa chance. La chance sourit aux audacieux. L’audace d’oser le changement, thème de la campagne gagnante de Barack Obama.
Leadership et alliances intelligentes : deux déficits du PS
Après avoir opté pour le statu quo, Benoît Hamon, porte parole de la Première Secrétaire vient de tout perdre d’un seul coup de dé : son seul mandat de Député Européen. Et on apprend qu’il envisage de démissionner. Foutaise ! Il faut qu’il boive la coupe de son dévoiement jusqu’à la lie en restant à la place qu’il a tant convoitée au détriment de l’ouverture du PS sur autre chose.
Retrouver les brebis égarées et les ramener au bercail : c’est probablement la première étape du projet PS. Autrement dit, le PS doit cesser de chercher les brebis galeuses ou d’en créer. Las, Jean-Luc Mélenchon est parti de ce cher PS pour créer La Gauche. Strtégie gagnante.
A lire :
Suite et fin de l’aticle sur Jean Luc Mélenchon, le PS et le Front de Gauche
Jean Luc Mélenchon avait promis de renverser la table politique
par Elise Mbock, rédactrice de Top Actus France et responsable du Magazine Scène Publique
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